Hommage à la "Grande dame de la gastronomie"
- Mélanie Courtemanche-Dancause
- 30 mars 2024
- 2 min de lecture
Chaque année depuis 2004 a lieu le dîner de la Bourse Françoise-Kayler, octroyée à des élèves en cuisine et sommellerie professionnelle de l’ITHQ. Mais qui est cette femme…

Chaque année depuis 2004 a lieu le dîner de la Bourse Françoise-Kayler, octroyée à des élèves en cuisine et sommellerie professionnelle de l’ITHQ. Mais qui est cette femme qui donna son nom à cette grande œuvre de bienfaisance ? Surnommée la « marraine » des chefs au Québec, elle brilla comme critique gastronomique à la Presse pendant 35 ans.
Mais encore, revenons-en aux origines : née près de Paris en 1929, elle s’installe à Montréal en 1951 pour épouser un Québécois. Quelques années plus tard, elle rédige ses premiers textes journalistiques pour La Presse dans les pages féminines et au carnet social ; elle passera plus tard aux sujets qui touchent à l’agroalimentaire. Sa rigueur, sa passion et sa générosité dans l’écriture faisaient d’elle une critique dont l’opinion fit rapidement autorité, puis dès lors le paysage gastronomique du Québec prit des galons. On dit qu’elle contribua véritablement à donner « les lettres de noblesse » à la gastronomie québécoise grâce à son exigence et ce que nous pourrions appeler une certaine vertu : celle de faire bonne chère, et savoir bien en parler.
On n’est donc pas étonné en apprenant qu’elle rédigeait ses chroniques avec grandeur d’âme, sans jamais blesser les chefs à qui elle reprochait des erreurs en cuisine ; plutôt « l’alliée des chefs » que leur adversaire redoutée. Toutes ces qualités faisaient, de surcroît, qu’elle fut une membre exemplaire du Bailliage de Montréal, où fraternité rime encore aujourd’hui avec émergence de nouveaux talents. C’était, par ailleurs, son autre cheval de bataille, dans le but de promouvoir le travail et les aliments bien d’ici.
Le dîner annuel de la Bourse qui porte son nom n’encourage donc pas seulement la relève, mais, dans un sens plus large, l’importance de la gastronomie au Québec, non pas sous une forme exportée, mais bel et bien comme symbole de notre propre identité. Décédée en 2010, l’âme de cette grande dame franco-québécoise nous inspire encore la droiture et l’excellence !
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